De retour des alpages et hautes cimes enneigées, c’est l’organisme
alourdi de fondue savoyarde que je me rendis à Custines. Aujourd’hui, je n’ai
de cœur au lyrisme littéraire après ce que l’on a assisté de plus pitoyable sur
l’antagonisme entre deux clubs. Les locaux étaient surmotivés, de trop même car
ils ont tout tenté pour nous mettre à terre (pas toujours loyal). Les c.. ça
ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait «fameuse réplique d’un
certain film». Bref nous avons perdu 3-0. Petite mention pour Mous qui
est resté calme malgré de multiples attentats.
En cette belle journée je vais plutôt vous parler de la
taille des arbres fruitiers. Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait (c’est un
peu tard, mais vaut mieux tard que ……, merci pour ceux qui suivent). Je vais
vous décrire la taille de fructification dite trigemme.
La taille trigemme consiste, comme son nom l'indique, à tailler
toujours à 3 yeux, qu’ils s’agissent d'oeil ou de dard (appellation
spécialisée des bourgeons, qui donneront rameau ou fleur). La taille fruitière consiste à éliminer les
pousses inutiles afin de privilégier la mise à fruits, tout en conservant la
forme de base de l’arbre. Dans la pratique, on cherche à raccourcir le plus
possible les rameaux secondaires afin de rapprocher les organes productifs des
branches charpentières. Vous allez remarquer que dans la taille trigemme tout
semble fonctionner par trois. Un pommier ou un poirier demande trois ans pour
fructifier et il possède trois types de productions bien particulières.
L’œil à bois
C’est le
plus petit bourgeon, le plus abondant sur la plante aussi. Réparti le long des
jeunes branches, il se présente sous forme d’un discret renflement, parfois
pointu. Au printemps, l’œil à bois donne naissance à un rameau à bois,
c’est-à-dire une pousse stérile qui ne porte que des feuilles, mais qui assure
la croissance de l’arbre.
Le
dard
Reconnaissable à sa forme triangulaire et pointue. C’est l’évolution
d’un œil à bois vers l’organe productif que nous verrons ensuite. Les dards
sont souvent portés par une petite excroissance d’écorce, ridée à la base. Le
dard constitue un stade intermédiaire caractérisé par son métabolisme instable.
S’il reçoit trop de sève, le dard produit un rameau à bois ce qui, en matière
de taille fruitière, doit être considéré comme une régression. En revanche,
s’il est bien contrôlé, le dard va se transformer en bouton à fleurs qui
constitue la promesse de fructification.
Le
bouton à fleurs
Appelé aussi «bouton à fruits» ou «lambourde»,
c’est l’organe fertile qu’une taille bien menée doit permettre d’obtenir en
nombre. C’est le plus gros de tous les yeux que porte l’arbre. Renflé, arrondi,
le bouton à fleurs est très facile à reconnaître. Quelle que soit la quantité
de sève qu’il reçoit, un bouton à fleurs s’épanouit toujours en bouquet dont
les corolles fécondées (pollinisation) donneront des fruits.
Voilà un petit cours, qui je l’espère, vous servira au jardin. La
semaine prochaine je vous donnerai la recette des râpés aux pommes de terre.
Bon dimanche
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